Vers un projet d’ « université technologique ouverte pluri-partenaires »…

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Le projet Utop (Université technologique ouverte pluri-partenaires), porté par la fondation Unit (Université numérique thématique nationale ingénierie et technologie), est pré-sélectionné dans le cadre des idefi (initiatives d'excellence en formations innovantes). Selon Gilbert Touzot, président de cette UNT (université numérique thématique) dédiée aux sciences de l'ingénieur, Utop vise à réaliser « l'utopie » que « n'importe qui puisse se brancher à n'importe quel portail web de n'importe quel établissement, y voir l'offre de formation continue complète, décider de s'inscrire et être orienté automatiquement pour une formation à distance, n'importe quand, tout au long de la vie ». Le budget total prévisionnel est de 12 millions d'euros, dont 40 % pris en charge « sous des formes diverses » par les partenaires (universités, Cnam, entreprises comme Orange business services, etc.). Le dossier déposé pour les idefi porte sur sept millions d'euros.


L’équipe de l’université numérique dédiée aux sciences de l’ingénieur Unit poursuit un « rêve » avec le projet Utop, parvenir à matérialiser le concept d’ « apprentissage par crédit » : une personne, quelle que soit sa situation, peut suivre des formations au rythme voulu, avec « des période à temps plein dessus, ou pas », et finalement obtenir un diplôme une fois le « taux plein de crédits » atteint. Ce « rêve » fait l’objet d’un dossier déposé dans le cadre des idefi (initiatives d’excellence en formations innovantes), constituer « un endroit virtuel et informatisé où arrivent des demandes de formation, d’amélioration des formations, les propositions de services, de sous-traitances, etc. », explique Gilbert Touzot, président d’Unit. Utop est l’ « outil de coordination et de pilotage de cette place de marché ».

Le modèle n’est pas le même que celui du Cned ou du Cnam, où « les universités n’ont rien à dire sur les politiques de ces structures », souligne Gilbert Touzot. « Nous voulons que le pouvoir soit dans les mains des universités, en associant des entreprises ». A partir du réseau constitué par Unit (70 membres, « un relationnel assez fort avec les entreprises » et des ouvertures internationales avec le projet e-Omed, Utop consiste à « créer un démonstrateur d’université ouverte pluri-partenaires ».

« Open universities » et formations ouvertes

Le projet part aussi d’un « constat », poursuit Gilbert Touzot, que « le numérique en France a impacté complètement notre vie de tous les jours, le monde du travail, mais assez peu le monde universitaire ». Autre « constat », plusieurs pays ont développé des open universities comme l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada, mais « la France n’en a pas ». Or, estime-t-il, « ces open universities ont énormément dynamisé la formation ouverte et à distance, mais comme elle sont puissantes, elles ont aussi tendance à freiner le développement du numérique dans les autres universités ». Utop reprendra de ce qui existe déjà, et en particulier les 2 500 ressources conçues au sein d’Unit depuis 8 ans et les 900 ressources sur les sciences de l’ingénierie disponibles sur le portail « IUT en ligne ».

Le projet présenté au jury des idefi comprend quatre parties : trois « démonstrateurs » choisis dans des contextes et objectifs différents, et un volet destiné à « approfondir les relations avec les donneurs d’ordre de la formation en identifiant les besoins auxquels les membres d’Unit pourraient apporter des réponses ». Le premier démonstrateur concerne l’utilisation par les PMI des résultats de la recherche publique. Piloté par l’Inria, ce démonstrateur doit permettre d’étudier « les formations utiles et solvables pour aider les entreprises actives sur le domaine de la robotique ».

Dimension internationale

Un deuxième projet pilote implique l’ENSG (École nationale supérieure de géographie), structure qui intervient à distance en Afrique sub-saharienne pour dispenser des formations de niveau master 2, l’idée étant de « faire la même chose au Maroc avec l’école des Ponts et Chaussées de Casablanca. » Le dernier contexte retenu pour élaborer un démonstrateur concerne la région de Bourg-Saint-Maurice en Savoie, qui est « économiquement sinistrée depuis la fermeture de la caserne militaire ». Il s’agit de construire avec Orange business service une « plateforme autour des métiers de la montagne avec un ensemble de formations ciblées ». La Fédération française de ski se dit d’ores et déjà intéressée pour proposer des formations aux anciens champions en reconversion professionnelle.

« Pour réaliser quelque chose de maîtrisable, nous avons décidé de commencer par les sciences de l’ingénieur, mais les médecins aussi travaillent sur un projet allant dans ce sens et qui concerne la formation des personnels médical, désormais obligatoire tous les trois ans », fait valoir Gilbert Touzot. L’UNT Aunège (Association des universités pour l’enseignement numérique en économie et gestion) soutient aussi le projet, ajoute-t-il. Le principe retenu est de « commencer avec un nombre limité de partenaires », en proposant « environ 120 modules de formation équivalant à 30 heures de formation en présentiel ». Il s’agit de concevoir un « système très modulaire, pour progressivement réaliser des cursus par assemblage de briques de formation », ce qui correspond à « la notion d’atelier flexible de formation ».

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Description : A photo of senior students ready to go to their prom. Date 26 May 2011. Author : Nikita Gill. This file is licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license.

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