Tice et handicap : la technologie peut-elle améliorer l’école et l’université ?

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Un élève sur dix en France, un étudiant sur dix, est handicapé. Depuis la loi du 11 février 2005, les handicapés doivent avoir accès à l’école et à l’université au même titre que les autres et ne doivent pas subir de discriminations induites par leur handicap ou l’inadaptation de l’institution. L'objectif d'une meilleure insertion des personnes handicapées dans la société, et notamment à l’école, apparaît au cœur de cette loi. Près dix ans de réflexions plus tard, les technologies de l’information et de la communication pourraient bien renouveler un débat passionné, et passionnant.


Un accompagnement humain renforcé au profit des élèves et des étudiants handicapés correspond traditionnellement à la seule solution envisagée pour favoriser leur intégration dans les établissements scolaires. La question des ressources humaines dans l’éducation faisant désormais l’objet de tensions renouvelées à chaque rentrée, il semble urgent de mobiliser les Tice pour aider à la manœuvre. Des solutions alternatives doivent en effet permettre à l’Etat de remplir le contrat signé par le biais de la loi de 2005 avec les parents d’élèves et les étudiants confrontés au handicap.

La mise à disposition d’un matériel informatique portable, sans ressources adaptées, résume généralement ce qui se fait en matière de Tice pour lutter contre les discriminations subies par les handicapés, dans le système scolaire comme universitaire. Cependant, parmi les solutions développées grâce aux Tice, l’école « hors les murs » permet aux élèves hospitalisés de suivre leur scolarité grâce aux interventions ponctuelles d’enseignants dans les hôpitaux. Ces enseignants étendent parfois leur temps de présence dans les chambres de soins grâce aux outils de communication asynchrone et synchrone : messagerie instantanée, visioconférence, échanges de mails…

Des enfants-bulles se retrouvent dans des mondes virtuels

L’enseignement à distance, souvent mis en œuvre avec le soutien du Cned, est une solution complémentaire disponible pour ces équipes éducatives engagées. Les environnements numériques de travail devraient trouver dans ces dispositifs une utilisation parfaitement légitime : l’élève ou l’étudiant, subissant des périodes d’hospitalisation récurrentes et prolongées, peut garder le contact avec son professeur et suivre le travail effectué par la classe en accédant aux documents partagés et au cahier de texte en ligne.

Grâce aux Tice, des nouvelles facilités de communication sont porteuses d’espoir. Au-delà de l’Ent ou de la plateforme e-learning, les réseaux sociaux et les mondes virtuels sont autant de fenêtres pour les apprenants handicapés exclus de la sphère de l’école ou de l’université. A l’hôpital Armand Trousseau de Paris, des enfants en chambres stériles et d’isolement peuvent se retrouver entre eux, dans un monde virtuel propice aux activités sociales et culturelles : ils peuvent y inviter la famille, les référents médicaux qui contemplent leur monde à travers une lucarne… Et pourquoi pas, les enseignants peuvent s’impliquer dans ce type de projets si une fenêtre spécifique leur est aménagée ou encore s’en inspirer pour traiter des problématiques similaires.

D’autres technologies peuvent faciliter le travail des enseignants qui font des efforts pour adapter leur cours à des groupes classes intégrant des élèves et étudiants handicapés. La synthèse et la reconnaissance vocale font partie des options proposées par des outils bureautiques génériques ou spécialisés : au-delà du service rendu aux élèves malvoyants ou malentendants, des exercices adaptées proposées par les enseignants permettent aux élèves souffrant de dyslexie ou de dysgraphie de participer au travail de la classe. Allier au correcteur orthographique, ou bien à des logiciels de reconnaissance de mouvements aidant à la saisie, ces avancées ont profondément transformé le traitement de texte.

Des solutions révolutionnaires sont disponibles dès aujourd’hui

Moins classiques, mais à la pointe de la technologie ou de l’innovation, le vidéophone permet aux sourds et muets de traduire la langue des signes en paroles et les paroles en langue des signes. De même, un service internet propose aux aveugles de recevoir la retranscription en braille, chez eux, d’un texte numérique. Des liseuses d’e-book rendent possible la lecture d’un livre numérique en braille grâce à des courants électriques influant sur la forme de polymères à la surface du terminal. Un service spécialisé propose aux déficients visuels de profiter d’une lecture d’articles sélectionnés dans la presse quotidienne. Ces quelques exemples ne sont que les premiers arbres qui cachent une forêt d’initiatives prometteuses.

Des technologies et des services existent, de plus en plus nombreux, pour tenter de pallier les difficultés d’intégration des handicapés dans le système éducatif et universitaire. Encore faut-il que les acteurs de l’éducation se saisissent de ces nouvelles possibilités. L’édition scolaire n’est pas véritablement pionnière dans ce domaine en France, et ce sont souvent des start-up isolées qui font preuve de la meilleure volonté en la matière.

La formation des enseignants est nécessaire mais encore faut-il que des solutions matérielles et logicielles performantes soient mises à la disposition des équipes éducatives. Les associations de parents d’élèves ou d’acteurs du monde de la santé montrent souvent la voie, même dans le domaine complexe du génie logiciel : comment peut-on soutenir davantage leurs efforts ? Doit-on revoir la loi pour inciter les entreprises privées et l’institution à renouveler leurs efforts dans ce domaine ?

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