Portefeuilles d’expériences, e-portfolio : un intérêt à partager entre le scolaire et le supérieur

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Dans le monde anglo-saxon, les dispositifs de « e-portfolio » connaissent un succès certain depuis plusieurs années. Ils servent à accompagner les parcours de formation, que ce soit pour les élèves de lycée ou les étudiants. En France, les initiatives se multiplient à l'instar du PEC (portefeuille d'expériences et de compétences), démarré en juillet 2004 par les universités Grenoble-I Joseph-Fourier, Poitiers, Toulouse-I Capitole et Toulouse-III Paul-Sabatier, et qui suscite un intérêt croissant auprès des universités. L'approche peut largement inspirer les acteurs du monde scolaire. En effet, un lycéen a vocation à poursuivre ses études en école supérieure ou en université et a tout intérêt à se constituer un espace personnel de suivi et d'évaluation des compétences acquises tout au long de son parcours de formation.


Depuis son lancement en 2004, le dispositif PEC (portefeuille d’expériences et de compétences) a progressivement séduit les universités et devrait compter une trentaine de membres d’ici la rentrée 2012. Selon Jean-Pierre Faudé, responsable d’orientation et d’insertion à l’université Toulouse-III et responsable inter-universitaire du projet, la raison de ce succès tient à ce qu’ « il s’agit d’un produit universitaire répondant à un déficit d’accompagnement des parcours, et qui s’intègre dans les cursus. Le PEC est un dispositif, comprenant un outil et des services d’accompagnement, et en ce sens se distingue des e-portfolios ».

De fait, le PEC est aujourd’hui entré dans sa dernière année d’expérimentation. Conduit avec le soutien financier du haut-commissariat à la Jeunesse, avec un budget de 1,6 million d’euros sur trois ans, il prendra sa forme définitive lorsque le nouveau modèle économique sera entériné par le conseil d’orientation du projet en juillet 2012. Plusieurs pistes sont d’ores et déjà à l’étude, par exemple en dégageant des financements auprès des universités partenaires qui intègrent le dispositif dans leurs contrats quadriennaux avec l’État, en recherchant des financements européens, ou en répondant à des appels à projets.

Les conditions d’un passage à l’autonomie du projet apparaissent réunies : plus de 20 000 étudiants bénéficiaires, plus de 500 accompagnateurs ont été formés (enseignants-chercheurs, représentants de services d’insertion et d’orientation, de la formation continue, intervenants extérieurs, etc.), et au niveau technique une plateforme stabilisée. L’étudiant peut travailler directement sur l’outil généralement accessible depuis son ENT (espace numérique de travail). La même formule semble donc envisageable dans un contexte scolaire.

De la réforme du lycée au plan « réussite en licence »

Reste à comprendre l’intérêt d’une telle démarche. Concrètement, l’étudiant accède par le biais de son ENT à un espace « bilan », un espace « projet » et un espace « communication » lui permettant d’exporter son portefeuille vers une autre structure, notamment une entreprise. Des interfaçages avec les réseaux sociaux professionnels existant comme LinkedIn ou Viadeo sont à l’étude. Un des intérêts mis en avant consiste à donner aux détenteurs du PEC les moyens de valoriser, en plus de leurs compétences, leurs expériences acquises, par exemple, par le biais d’un engagement politique ou associatif. Un étudiant de master y trouvera un appui fort utile pour réussir son insertion professionnelle, un étudiant de licence en situation de décrochage une meilleure visibilité pour sa réorientation.

C’est précisément dans sa dimension d’aide à l’orientation que les dispositifs comme le PEC peuvent intéresser le milieu scolaire. Car l’intérêt de la démarche est de valoriser les élèves pour qu’ils prennent du recul sur leurs possibilités de réorientation, ce qui signifie déjà les engager dans une dynamique constructive pour l’élaboration de leur parcours de formation. Le numérique livre ici des outils capables de rendre palpable la continuité entre des politiques ministérielles de « réforme du lycée » et de plan « réussite en licence ». Un lycéen qui prend en main son orientation après le baccalauréat aura toujours plus de chance d’éviter de devenir un étudiant en situation d’échec, du fait d’un mauvais choix de filière…

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Primate skulls provided courtesy of the Museum of Comparative Zoology, Harvard University. 14 July 2006. Molecular Insights into Human Brain Evolution, Jane Bradbury, PLoS Biology Vol. 3, No. 3. Christopher Walsh, Harvard Medical School. Original work under a Creative Commons Attribution License, by PLoS Biology Journal.

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