Apprendre les langues à l’heure du numérique : révolution ou simple évolution ?

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L’apprentissage des langues est souvent montré du doigt, en France ainsi que dans d’autres pays connus pour leur appétence toute relative envers les langues étrangères comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Les technologies de l’information et de la communication ont certes modifié considérablement la manière dont on enseigne les langues étrangères aujourd’hui, mais quelle est l’ampleur de ce changement ?


Il est de plus en plus difficile de trouver un magnétophone à cassette dans une salle de classe de nos jours. Il est désormais remplacé par son homologue : le mange-compact-disque. Mais parfois, ce dernier a laissé place à un simple ordinateur portable équipé de baffles et d’un vidéoprojecteur permettant à l’enseignant de joindre l’acte à la parole. Dans certaines classes, ce sont même des dispositifs nomades qui se sont imposés tels que les lecteurs MP3 qu’on peut trouver en valises entières dans les établissements les plus chanceux. Encore très rares, mais les expérimentations devraient se multiplier dans les années à venir, les téléphones portables font leur apparition dans les cours de langue où ils servent de lecteurs, de dictaphones et occasionnellement de dictionnaires.

Ces nouveaux types de terminaux permettent d’actualiser une pédagogie qui a revalorisé fortement l’expression et la compréhension orale. La capture du son permet, par exemple, à l’étudiant d’envoyer à son professeur la lecture d’un texte pour profiter de la correction de sa prononciation où bien à ce dernier de transmettre un fichier audio à un groupe d’élèves. La technique la plus utilisée pour gérer ces échanges est le « podcasting », ou « baladodiffusion ». Un flux de syndication, appelé RSS (really simple syndication), permet par exemple à l’enseignant, d’un seul clic, d’envoyer un fichier qui sera téléchargé automatiquement sur tous les appareils mobiles d’une classe.

La disparition programmée des laboratoires de langues

Les fameux « laboratoires de langues » tendent à disparaître. Des flottes d’ordinateurs équipés d’écouteurs remplacent les salles conçues sur-mesure où l’on pouvait voir dans une sorte d’ « open space » des années 1960 une trentaine d’élèves dans leur petite cabine, ânonner sous leur casque leurs verbes irréguliers ou des pages entières d’œuvres classiques de la littérature anglaise ou américaine. Avec l’arrivée de l’ordinateur, des types de ressources, jusqu’alors cantonnés au marché du parascolaire, font leur apparition dans les salles de classe.

Des exercices permettent désormais de travailler la compréhension orale en profitant de l’assistance de l’ordinateur. Logiciels parents des méthodes de langues, une minorité d’entre eux sont désormais équipés de moteurs de reconnaissance vocale permettant à l’élève d’améliorer sa prononciation en autonomie. Parmi ces exercices, le karaoké a fait son apparition. Remplaçant le travail effectué classiquement par le professeur avec ses élèves sur des chansons populaires et leurs paroles, il donne un tour ludique à une activité classique. Avec des logiciels embarquant le même type de technologie il est possible de rejouer des scènes de films en se retrouvant immergé dans des scènes cultes.

L’immersion dans des univers virtuels propices à l’inférence

L’immersion dans des univers riches, du point de vue de l’image et du son, mondes virtuels ou jeux vidéo, facilitent également la compréhension orale ou écrite, l’élève pouvant acquérir du vocabulaire grâce à des stratégies d’inférence complexes : dans un texte, seuls les mots environnants permettent de comprendre celui dont le sens fait défaut, alors que dans un monde virtuel, les sons, les images, les paroles et l’écrit définissent un contexte au potentiel d’inférence bien supérieur.

Cependant, l’ordinateur, dans les cours de langue, ne semble pas apporter de rupture capitale. Un dernier exemple permettra de s’en convaincre. Par le biais de programmes nationaux ou européens, grâce à des logiciels de visio-conférences, les échanges entre classes de pays différents, qui étaient autrefois l’occasion pour l’élève d’entretenir des échanges épistolaires fournis avec son correspondant, sont désormais propices à des échanges de courriels, des requêtes sur les réseaux sociaux, et des sessions de messagerie instantanée voire de visio-conférence à plusieurs. Conduire des projets ambitieux à distance par le biais d’un wiki et d’un blog semble plus aisé mais certains échanges épistolaires d’entant donnaient déjà lieu à l’écriture de romans à plusieurs mains. La pratique est bouleversée mais la théorie semble évoluer plus lentement.

La question reste donc posée, mais elle est adressée cette fois aux chercheurs en sciences de l’éducation et aux historiens : les technologies de l’information et de la communication représentent-elles une simple évolution ou une véritable révolution dans l’enseignement des langues étrangères ?

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