12 prédictions sur l’avenir de l’éducation numérique en 2012… deuxième partie

article_prédictions

Quelles prédictions pour fêter la fin de cette année 2011 et le début de l’année 2012 ? De nombreux sites et experts se lancent dans ce défi chaque année, mais peu d’entre eux ont le courage de revenir sur leurs intuitions de l’année passée avant de dévoiler celles pour l’année à venir. En termes d’éducation numérique, arriver à repérer dans le bruit d’une année les tendances de fond n’est pas chose aisée. Parmi les tendances de fond de ces dernières années, douze pistes sérieuses nous semblent intéressantes à suivre pour anticiper les évolutions que connaîtra l’éducation numérique en 2012. Nous vous proposons donc cette douzaine de prédictions, qui sont autant d’hypothèses que nous souhaitons discuter avec vous. Nous nous engageons à évaluer la pertinence de ces prédictions en votre compagnie en décembre 2012. Bonne année et tous nos vœux de bonheur, de santé et de réussite. Attention ce billet est scindé en deux parties...


7)      Le retour en force de la vidéo sur le web renversera la classe

L’idée d’un service audiovisuel éducatif a plus d’un demi-siècle en France. Pourtant c’est en 2011, que ce concept renaît grâce notamment à la fameuse Khan Académie. Des parcours d’apprentissage sont donc créés par un éducateur à l’aide d’une série de plusieurs centaines de vidéos courtes disponibles en streaming depuis Youtube. De son côté, Youtube propose désormais un espace particulier pour les communautés éducatives : ne sont admises dans cette partie du site que les ressources pédagogiques. Cela permettra aux administrateurs réseau de configurer le pare-feu afin de laisser un accès libre à cette collection de vidéo. Dans la lignée, d’autres services voient le jour comme Schooleo qui propose également à chaque école d’ouvrir son espace de streaming vidéo. En France, le site.tv donne accès à une collection de ressources impressionnantes et des solutions comme Be Learner permettent aux enseignants et aux apprenants de créer leur propre parcours pédagogique en vidéo. Cette renaissance de la vidéo renversera la classe dans les mois à venir. Les enseignants seront de plus en plus nombreux à proposer en vidéo à leurs élèves tout ce qui dans leurs séquences pédagogiques était de l’ordre du cours magistral, pour que ces derniers puissent les consulter à la maison, et les exercices à faire après la classe, qui mettent parfois l’élève et sa famille en échec, seront effectués durant le temps de cours. Ceux qui n’auront pas compris le cours magistral en vidéo à la maison pourront se le repasser en classe. Après presque 60 ans d’expérimentation, l’audiovisuel éducatif devient enfin une réalité grâce à un nombre impressionnant de ressources de qualité disponibles facilement sur internet, et grâce à la possibilité donnée à chaque enseignant de créer sa propre vidéo.

8)      Les start-up et les hackers cerneront l’école

Les entrepreneurs sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à l’éducation. Dans les pays démocratiques et développés le budget de l’éducation représente la plus forte dépense nationale. Il n’est donc pas surprenant que les start-up se multiplient sur le marché de l’éducation. Le tissu commence à être assez dense aux Etats-Unis. Des fondations investissent en priorité dans les jeunes entreprises ou initiatives innovantes comme la fondation Bill et Mélinda Gates, ou la fondation MacArthur. Des organisations philanthropiques plus volontaires développent même des outils pour guider les entrepreneurs comme la NewSchools Venture Fund qui publie la célèbre Ed Tech Map, encore lacunaire, mais qui donne un aperçu de la richesse de l’écosystème des start-ups américaines. Les évènements ne manquent pas non plus pour animer cette communauté en croissance. Le prochain start-up week-end dédié au marché de l’éducation sera organisé à Santa Clara du 24 au 26 février. En France, les star-up dédiées au monde de l’éducation ne manquent pas non plus mais aucune organisation nationale n’assure l’animation du secteur. Cependant la prise d’initiative et l’esprit d’entreprise ne sont pas seulement l’apanage des fondateurs de start-up dans le monde de l’éducation. Les rangs des hackers intéressés par l’éducation grossissent à vue d’œil. Les hackerspaces, Fab Lab, Living Lab s’intéressent de plus en plus souvent aux questions d’éducation. Audrey Watters, célèbre journaliste « ed tech », a d’ailleurs intitulé son blog « hackeducation ». De leur côté, les journalistes d’Owni ont récemment signé une tribune « Hackons l’école ». L’année prochaine, les hackers, créateurs de start-up ou non, se lanceront à l’assaut de l’éducation. Et on sait déjà par quelle brèche certains comptent s’introduire dans l’édifice : la bibliothèque rebaptisée « Learning Center » qui sera sans nul doute plus « hacker-friendly » en 2012. Elle permettra aux apprenants les plus autonomes de profiter d’une offre de services tiers depuis leur bonne vieille bibliothèque.

9)      Une nouvelle donne pour la donnée dans l’éducation

Le mouvement des données ouvertes, « open data » en anglais, a connu son heure de gloire en 2011 dans l’hexagone. Aux Etats-Unis le projet data.gov date de 2009. En France, le projet data.gouv.fr a vu le jour à la fin de l’année 2011. Si aux Etats-Unis, une galaxie de laboratoires de recherche et de start-up se sont mises à tourner autour du site, en France l’initiative est encore trop récente pour savoir qui va tenter de se saisir de ces données brutes et dans quel but. Concernant l’éducation en France, on peut observer que le jeu de données le plus recherché par les utilisateurs du site concerne la réussite au baccalauréat dans les lycées. Cependant, d’autres données sont intéressantes comme les budgets investis par l’Etat et les collectivités dans l’éducation ou encore les simples données de géolocalisation des établissements scolaires. Du pain béni pour les chercheurs qui vont pouvoir accéder et traiter informatiquement toutes ces données avec des thématiques allant de la réussite en troisième jusqu’à la féminisation du corps enseignant. Mais le règne de la donnée ne s’arrêtera pas à ces grands tableaux statistiques en 2012. La progression de l’éducation numérique permettra également de produire des données et de disposer de données pour suivre un élève ou une classe. Des solutions plus nombreuses permettront à l’enseignant de s’appuyer sur ces « data » relatives à l’activité d’un apprenant en classe ou à la maison. Cela permettra à l’enseignant de mieux suivre individuellement chaque élève ou même de disposer d’outils ajustant automatiquement la difficulté d’un parcours pédagogique sélectionné aux capacités de l’apprenant. En 2012, l’enseignant pourra enfin profiter des joies du travail assisté par ordinateur et cela grâce à la production de données et à son traitement intelligent. De la matière grise sera nécessaire dans ce domaine et les outils d’analyse des traces, familiers des professionnels du e-learning opérant le plus souvent en entreprise ou dans le supérieur, se généraliseront dans les établissements du premier et du second degré.

10)      L’école buissonnière sera concurrencée par l’école en ligne

Des cours en ligne de qualité sont disponibles depuis plus d’une dizaine d’années sur internet. Ceux du MIT sont accessibles à travers le projet OpenCourseWare. D’autres plateformes permettent à un grand nombre d’établissements d’enseignement supérieur d’ouvrir une chaîne grâce à laquelle ils peuvent diffuser des contenus. En France le Canal Numérique des Savoirs permet d’accéder également au cours d’établissements prestigieux. Le MIT est allé plus loin en cette fin d’année 2011 en annonçant le projet MITx, une plateforme de e-learning qui permettra à des étudiants d’obtenir une certification et un diplôme du MIT à distance. De l’autre côté du continent nord-américain Stanford a également innové en cette fin d’année 2011 en proposant des cours en ligne ouvert et massif. Un cours sur l’intelligence artificielle a accueilli plus de 100 000 étudiants. Cette massification et ces propositions de cursus diplômant en ligne interviennent au moment où la crise de la dette étudiante et les coupes budgétaires font polémiques. Les mouvements unCollege et deSchooling se développent aux Etats-Unis en exprimant le manque de confiance grandissant des usagers envers un système éducatif perçu comme étant de plus en plus cher et de moins en moins équitable ou durable. Dans le second degré les établissements virtuels sont de plus en plus nombreux en Amérique du Nord. De nombreux districts scolaires font le choix d’une offre de cours mixtes, avec une partie en ligne et une partie en présentiel. Cela fait les affaires d’institutions privées ou publiques comme la Florida Virtual School qui a vu ses effectifs augmenter fortement en 2011. En 2012, cette tendance va s’accentuer notamment grâce à la meilleure qualité des outils disponibles pour un apprentissage en ligne. L’accès à ces services pourra se faire dans la classe, dans la bibliothèque transformée en « learning center » mais surtout depuis le foyer.

11)      L’hologramme fait son apparition en classe

En 2009, l’effet Avatar a été spectaculaire. Les grands studios de cinéma sortent de plus en plus de blockbusters en 3D. James Cameron a même convaincu Georges Lucas de revoir sa guerre des étoiles afin de lui adjoindre cette fameuse troisième dimension qui lui fait actuellement défaut. Dans le jeu vidéo, c’est Nintendo qui a sorti sa console portable en 3D. Des constructeurs de télé, de smartphones et même Toshiba se lancent dans cette aventure avec ses premiers portables 3D sans lunette. Ce raz-de-marée n’a pas laissé les acteurs de l’éducation insensibles. Texas Instruments ou Xpand, les constructeurs de puces ou de lunettes qui dominent le secteur, ce sont intéressés assez tôt au marché de l’éducation en finançant dès 2010 des programmes pilotes dans le monde entier. Les résultats semblent concluants et la stéréoscopie devrait se développer en 2012 pour satisfaire les besoins des enseignants et des élèves les plus curieux et les plus motivés. Une douzaine d’éditeurs de ressources pédagogiques en 3D se partagent aujourd’hui un marché encore en devenir. Comme Youtube, Dailymotion vient d’ouvrir sa chaîne 3D en partenariat avec Orange et quelques séquences vidéo recouvrent un potentiel pédagogique. Mais la stéréoscopie avec lunette n’est pas la seule technologie qui devrait être expérimentées dans les établissements scolaires en 2012. La multiscopie est bien partie pour s’inviter dans les salles de classe. Les petits écrans de la Nintendo 3DS, des smartphones et des tablettes, voire même certains écrans 24 ou 27 pouces, seront introduits dans les classes afin de faire profiter la communauté éducative des progrès de l’auto-stéréoscopie. Mais ce n’est pas tout, au-delà de la stéréoscopie ou de la multiscopie, certains musées proposent des hologrammes dans leurs expositions, au Japon des chanteuses holographiques sont adulées par des milliers de fans. En 2012 c’est sûr, l’hologramme sera expérimenté en classe dans le cadre d’une séquence pédagogique par des élèves et des enseignants français.

12)      La robotique connaît enfin son heure de gloire

La robotique, fait aujourd’hui partie du quotidien de nombreux français. Certains travaillent avec des robots, d’autres en achètent pour les aider dans leurs tâches ménagères. Le robot-aspirateur a d’ailleurs connu un franc-succès en 2011 après des débuts peu prometteurs au début des années 2000. Les plus jeunes s’amusent avec des robots et découvrent parfois leur programmation grâce à une boîte de Lego posée au pied du sapin. Depuis la tortue logo des années 1980, la robotique fait doucement son trou dans l’éducation. Les combats de robots se popularisent chez les adolescents grâce notamment à la First Lego League et ils sont parfois le prétexte à des projets ou des activités pédagogiques assumées. Dans les programmes officiels, le terme revient souvent et la dernière réforme du bac STI, rebaptisé STI2D, serait à priori plus propice à un enseignement de la robotique. D’ailleurs certains fournisseurs proposent des machines mobiles adaptées au nouveau programme comme la plateforme MOWAY ou la plateforme Robotino par exemple. Sous l’impulsion des STI2D on peut donc faire le pari que le robot entrera par la grande porte dans les établissements scolaires en 2012. On imagine donc des lieux patrimoniaux inaccessibles pour une classe française visités tout de même par le biais d’un robot et un logiciel de télé-présence ou encore le robot Nao de l’entreprise Aldebaran Robotics en assistant de langue. En tous cas, en 2012, pour la communauté éducative, le robot ne sera plus seulement un jouet articulé ou un acteur déguisé.

la suite du billet avec six autres prédictions pour 2012

Partager cet article :  
  • LinkedIn
  • viadeo FR
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • del.icio.us
  • RSS
  • email
Captain Future, character co-created by Kin Platt. June 1940. Public Domain Superheroes. This work is in the public domain.

Articles liés :

Une réponse à “12 prédictions sur l’avenir de l’éducation numérique en 2012… deuxième partie

  1. Pingback : 12 prédictions sur l’avenir de l’éducation numérique en 2012… première partie | Actualitice

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Connect with Facebook

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>